AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez

ava ϟ avenue c, you're crazy. avenue d, you're dead.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar
MESSAGES : 132
ava ϟ avenue c, you're crazy. avenue d, you're dead. écrit le Mar 24 Nov - 23:11




avenue c, you're crazy. avenue d, you're dead.
feat. avalon j. loughlin
Avenue A, you’re alright.
Avenue B, you’re brave.
Avenue C, you’re crazy.
Avenue D, you’re dead.


C’était une chanson que les enfants du quartier Alphabet City chantaient, jusque dans le milieu des années 1980, quand le maire de New York a enfin décidé de s’attaquer à la revitalisation de l’est de Manhattan. Aujourd’hui, c’est un quartier comme les autres, qui ne garde de réellement alphabétique que le nom de ses avenues, qui se succèdent en ligne droite.

Avenue A, you’re alright. Cody a pris l’habitude de venir ici une fois par mois, pour enseigner des méthodes de jiu-jitsu à des enfants moins bien nantis. C’est l’un des petits qui lui a appris la comptine des avenue. Maintenant, à chaque fois qu’il parcourt Alphabet City, il ne peut s’empêcher de se la réciter mentalement. C’est le cas, aujourd’hui. Il sort du dojo, au coin d’Avenue A et de E 12th St, et inspire l’air frais—ça fait contraste avec l’odeur du tatami, qui sent les chaussettes sales et la sueur juvénile. Les centres d’arts martiaux ne sont jamais bien aérés. Sauf peut-être à Levram. Levram. Voilà bien de quoi il essaie de se sauver, quand il prend le métro jusqu’à Alphabet City. Bien sûr, la semaine, il sort parfois prendre un verre ou un café en ville, avec des amis, mais jamais rien de bien extrême. Et le week-end est accaparé par l’entraînement, les devoirs, la recherche, les missions… Bref, cette sortie en solitaire est un véritable instant de congé que s’accorde Cody. Au début, il était réticent à l’idée de se coltiner des enfants pendant trois heures, le samedi matin. Mais c’était ça ou la maison de retraite, alors il a fait son choix. Il s’est convaincu en se disant qu’une fois qu’il sera agent du SHIELD, il n’aura plus jamais l’occasion de se mêler ainsi à la population new-yorkaise. Il devra retourner à être personne. Pas autant qu’avant, certainement, mais un peu. C’est ce que font, en général, les agents secrets.

Avenue B, you’re brave. Merde, soupire Crowchild. Je me suis trompé de sens. Déjà que la station de métro la plus proche n’est pas à deux pas, le voilà éloigné d’une avenue encore. Il attend que la lumière tourne au vert pour traverser et remonter vers la station de métro—mais un éclair vert forêt accroche son œil. Oh. Cody pince les lèvres. Se matérialisent sur ses épaules un petit Cody blanc d’un côté, avec les ailes et l’auréole, et de l’autre un petit Cody rouge, fourchu, cornu, biscornu.

BONNE CONSCIENCE—tu t’en feras un à l’école. tu détestes ce genre d’endroit.
MAUVAISE FOI—la dernière fois que tu es rentré en métro, tu t’es endormi et tu t’es réveillé au New Jersey.
BONNE CONSCIENCE—il ne peut rien t’arriver de bon dans le fond d’Alphabet City…
MAUVAISE FOI—l’as-tu entendu parler, celui-là ? tu veux juste un café, bon sang.

Cody traverse du mauvais côté de la Force—euh, de la rue, plongeant ses mains dans les poches de son manteau, sifflotant légèrement dans l’air froid de l’automne.

Avenue C, you’re crazy. Avant de pousser la porte du Starbuck’s Coffee pour y entrer, Cody s’immobilise un instant sur le trottoir. Il n’avait jamais réalisé qu’on peut voir l’eau, du bout d’Alphabet City. De l’autre côté de l’autoroute, l’étendue aqueuse grise sur fond de ciel gris, et Brooklyn de l’autre côté, pas moins grise pour deux sous.

Avenue D, you’re dead. Il entre dans le Starbuck’s Coffee et s’approche du comptoir. Le petit café est plutôt plein—rien d’étonnant, la fin du semestre universitaire approche. Cody s’approche du comptoir. L’ange sur son épaule avait un peu raison : il déteste ce genre d’endroit où on vend du café très, très mauvais, très, très cher. Mais comme il habite à New-York, et que ce genre d’endroit est à peu près tout ce qui croise son chemin, il se résigne bien souvent. La serveuse s’approche du comptoir. Il va commander. Il va commander un Americano grande, le fermer d’un capuchon en plastique, se sauver dehors pour aller voir l’eau. Il a cru entrevoir, de l’autre côté de l’autoroute, les hauts grillages qui présagent un terrain de baseball. C’est à découvrir. Il va commander, donc, mais est interrompu par une voix cinglante qui le prend par les tripes.

Avenue D, you’re dead. Évidemment que son pire cauchemar viendrait le chercher dans un Starbuck’s, à Alphabet City, au coin de Avenue D et de E 12th St. Évidemment que son pire cauchemar viendrait lui mordre les pieds pendant sa seule journée de congé du mois. Les cauchemars ne dorment jamais… et Avalon Loughlin non plus. Cody se retourne du tac au tac, mais c’est trop tard, le mal est fait : elle a commandé. Elle l’a coupé, alors qu’il est clair qu’elle est derrière lui dans la ligne. Et puis, qu’est-ce qu’elle vient faire ici ? Il y a beaucoup d’autres plates bandes où aller jouer. Beaucoup d’autres étendues d’eau à déplacer, puisqu’il s’imagine que c’est tout ce qu’une mutante de sa sorte sait ou apprécie faire.

CODY—ça va ? tu pouvais pas attendre deux minutes ?

Il n’est jamais capable de garder son sang froid face à elle. Elle arbore le sourire moqueur qu’il ne réserve lui-même qu’aux gens qu’il sait qu’il peut écraser. Des fois, regarder Avalon, c’est regarder dans un miroir. En surface, ça met Cody en colère. Sous sa peau, il est terrifié.


by NYXBANANA
[/color]

_________________

we're on each other's team
(c) ystananas
avatar
MESSAGES : 21
Re: ava ϟ avenue c, you're crazy. avenue d, you're dead. écrit le Mer 25 Nov - 3:50



avenue c, you're crazy. avenue d, you're dead
cody & ava

Le temps. Ennemi qu'Avalon tente sans cesse de rattraper, courant incessamment et tentant de se réconcilier avec lui. Il semble lui manquer, et on peut la confondre aisément avec ce fichu lapin blanc à qui Alice accorde une confiance aveugle. La jeune femme soupire de découragement. Il est tôt, c'est un samedi matin, et elle est là, assise sur sa chaise de bureau, jambes croisées et bien sûr, les yeux rivés sur la tonne de devoirs qui l'attendent depuis mercredi soir. Pourquoi avoir autant procrastiné ? Parce qu'elle espère trouver l'index, mais aussi, se démarquer. Être une élève parfaitement studieuse et toujours présente d'esprit est loin d'être facile, mais que voulez-vous. La vie n'accorde pas tout aux mêmes personnes.
Elle baille, de fatigue ou bien de découragement, elle ne le sait plus. Ce qu'elle sait, c'est qu'elle a besoin d'un remontant et comme le campus se réserve le titre du pire café de l'année, elle s'empare de son manteau et bien rapidement, elle l'enfile, ainsi que ses bottes griffées préférées. La brune s'extirpe de Levram pour se rendre dans la ville de New-York, à l'est plus précisément, où se trouve son Starbucks préféré. Celui auquel elle va toujours avec son père, lorsqu'il n'est pas trop préoccupé par les élèves ou par sa surdose de travail. Parfois, elle envie l'homme qui l'a élevée. Elle aussi, veut enseigner aux autres. Mais elle veut d'abord et avant tout sauver le monde... Comme sa mère a tenté de faire.

Elle marche rapidement, ayant autres choses à faire que d'admirer le paysage. Si elle veut rapidement retourner à ses devoirs, il faut que l'élève prodige se ressource vite. Pourquoi ne pas prendre une gourmandise avec cela, et ramener le café préféré de son père, aussi ? Il est assurément debout, à cette heure.
Enfant unique, elle n'a jamais eu à partager ses parents. Que serait-il arrivé si l'enfant capricieuse qu'elle est aurait dû le faire? Une catastrophe, ô, joli euphémisme. Elle ne se doute pas qu'elle aurait certainement tenté de noyer l'autre enfant et faire passer cela pour un accident - après tout, ils étaient ses parents. Oui, étaient, car maintenant que sa mère a quitté ce monde, ils ne sont plus que tous les deux. Plus que son père et elle. Et franchement, c'est nul. Cette minime pensée suffit à plomber le moral d'Avalon, qui a bien envie de balancer des jets d'eau sur toutes les personnes qui la bousculent sur leur passage, jusqu'à son arrivée dans le fameux café, où elle attend derrière quelqu'un. Bordel, si la file n'avance pas plus rapidement, la future héroïne se demande si elle ne deviendra pas une super vilaine, à la place... Mais non. Elle secoue sa tête, ses longs cheveux lisses suivant la parade, et comme elle voit que le mec en face d'elle ne semble pas décidé, elle s'avance d'un pas pour commander. Pourquoi pas, après tout? Elle n'a pas à attendre derrière un inconnu.

Mais apparemment, il n'est pas si inconnu que ça. Fâché qu'elle ait osé s'avancer pour prononcer les mots fatidiques qui mettent les employés à l'oeuvre, Dakota Crowchild semble bouillonner de l'intérieur. C'est mignon, il se fâche, le petit humain fragile ? « Je t'ai vexé? » En sa présence, Avalon est incapable de se contenir. Les vannes et le venin ne peuvent s'empêcher d'être crachés ici et là. « Je n'allais pas attendre toute la journée pour que monsieur commande, hm. » Le toisant d'haut en bas, elle sourit sournoisement. « Certaines personnes ont mieux à faire que de traîner dans la ville, tu sais. » Au moment où elle prononce cette phrase, elle sourit, mais avec plus d'intensité, cette fois. Sourire vengeur, sourire vainqueur. Jamais il ne sera à la hauteur.

acidbrain


avatar
MESSAGES : 132
Re: ava ϟ avenue c, you're crazy. avenue d, you're dead. écrit le Mer 25 Nov - 6:08




avenue c, you're crazy. avenue d, you're dead.
feat. avalon j. loughlin
Avalon Loughlin. D'ordinaire, une personne si insipide aurait glissé comme de l'eau sur la carapace de son indifférence... et pourtant, celle-la, Cody ne peut pas la sortir de son système. Ce n'est pas le genre de haine qui est si proche de l'amour qu'elle peut parfois se confondre. Ce n'est pas le genre de haine fondé sur des faits. Ce n'est pas le genre de haine magnétique qui finit par unir les deux héros à coup de cynisme et de raillerie. C'est plus profond que ça. C'est une haine en points d'exclamation et en sifflements, c'est une haine de chats de ruelle, de cobras, de veuves noires. Avalon et Cody sont deux prédateurs qui partagent un même territoire—deux loups alpha qui tentent de contrôler la même meute. Enfin, ce serait la situation si meute il y avait à partager. Ils sont plutôt comme deux orang-outangs qui gardent jalousement le même palmier... ou comme deux enfants qui se battent pour un modèle réduit que papa a monté le matin de Noël. Qu'est-ce qui se trouve à l'intérieur du dit modèle réduit ? C'est là qu'est le malaise : il ne le sait pas. Avalon a pris Cody en grippe la première fois qu'elle l'a vu. Cody l'a pris en grippe en retour. Quand elle parle, il voudrait qu'elle mange des éclats de verre. Elle est une fréquence qu'il ne peut supporter.

Avalon Loughlin. Avalon Loughlin est une parfaite poupée de porcelaine, perfide et précieuse, qui se pavane publiquement en permanence, pour le plaisir de papa. À l'école, elle semble laisser les gens dans un état d'indifférence positive : ils savent qu'elle est très proche de son père, ils savent que son père est un héros national et qu'elle-même a un potentiel énorme. Quand il pense indifférence positive, c'est que Cody oppose à ce sentiment généralement positif que les gens semblent ressentir face à Avalon, à sa propre haine, qui brûle constamment, dès qu'elle traverse son esprit. Parce que oui, des fois, elle traverse son esprit. Il pense à ses cheveux bruns, qui tombent raides sur ses joues. Il pense à ses yeux noirs rieurs et à l'expression satisfaite qu'ils affichent souvent. Il pense à son sourire qui sait qu'il est en train de gagner... quelque chose dans tout ça, dans tout ce monstre de femme, lui rappelle quelqu'un, mais il n'arrive pas à mettre le doigt sur qui. C'est comme dans X-Men : on voit Mystique, on sait qu'il y a quelque chose qui cloche, mais tant qu'elle ne se métamorphosera pas à nouveau en Jennifer Lawrence version bleue, on ne sera pas soulagé. Il y a quelque chose d'infiniment perturbant à propos d'Avalon Loughlin. Et le prédateur, le loup alpha, réagit à la perturbation d'une seule et unique manière : il attaque.  

AVALON—Je t'ai vexé ? Je n'allais pas attendre toute la journée pour que monsieur commande, hm. Certaines personnes ont mieux à faire que de traîner dans la ville, tu sais.

Cody croise ses bras et courbe ses lèvres en un sourire ratoureux.

CODY—Vexé, moi ? Tu ne pourrais pas m'atteindre même si tu essayais vraiment.

Évidemment, il y a une dimension allégorique à ce qu'il raconte, mais il veut aussi dire que littéralement, elle ne pourrait pas l'atteindre si elle voulait. Aussitôt que le barista pose les cafés qu'Avalon a commandé sur le comptoir, Cody s'en empare, les faisant rouler dans ses mains comme il le ferait des nunchucks en classe (et peut-être même un peu plus vite, parce que aïe, quand même, ça brûle !). Il les élève au niveau de son visage et lit à voix haute :

CODY—Qu'est-ce que je vois là ? « Papa » ? Un café pour papa ? Oh, tout s'explique ! Madame n'a pas toute la journée pour attendre en file, mais elle traverse Manhattan en entier pour venir commander un café à papa !

Il sent déjà les répliques cingler—et toi, Crowchild, il est où, ton père ? Cody n'est pas sur si Avalon est au courant, pour ça, mais il se dit que puisque elle est proche de l'administration au niveau généalogique, elle ne doit pas être bien loin des dossiers non plus. Lui qui voulait passer un samedi tranquille, loin de Levram, le voilà condamné à une scène dans un Starbuck's où le destin seul l'a attiré. Il voulait aller prendre le métro. Il s'est trompé de direction. Cela ne lui arrive jamais. Il se maudit dans sa tête. Il prend une gorgée d'un premier café et ouvre grand les yeux, hochant la tête, feignant l'extase.

CODY—Pas mal, ce café... oh, attends...

Machinalement, il porte l'autre tasse à ses lèvres.

CODY—Celui-là non plus. Tiens, je vais prendre les deux. Tu règles la facture ?

Woodrow Dakota Crowchild, quatre ans et demi, prend une grande gorgée de café qui lui brûle l'œsophage, ne quittant pas un instant des yeux l'objet de son contre-désir.


by NYXBANANA

_________________

we're on each other's team
(c) ystananas
Contenu sponsorisé
Re: ava ϟ avenue c, you're crazy. avenue d, you're dead. écrit le

ava ϟ avenue c, you're crazy. avenue d, you're dead.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Le Havre - Avenue Général Ferrié
» Le Havre - Avenue du Bois-au-Coq (et rue)
» Le Havre - Avenue Emile-Dupont
» Le Havre - Avenue René Coty
» Le Havre - Avenue Paul Verlaine

Reckless and Brave :: 
New York City
 :: est
-